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POLITIQUE/Crise au sommet du PDCI-RDA : Valérie Yapo boycotte le Bureau Politique convoqué par Tidjane Thiam et dénonce son « illégalité »

Par la Rédaction Politique – Le Sursaut

À la veille du Bureau Politique du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire – Rassemblement Démocratique Africain (PDCI-RDA), prévu ce samedi 5 avril 2025 à Yamoussoukro, une voix dissonante s’élève une nouvelle fois au sein du plus vieux parti politique ivoirien. Mme Valérie Yapo, militante de longue date et membre statutaire du Bureau Politique, a annoncé dans une déclaration publique son refus de participer à cette réunion qu’elle juge « convoquée dans l’illégalité ».

Dans un ton ferme et solennel, l’ex-déléguée d’Akoupé et ancienne Secrétaire Exécutive du PDCI-RDA conteste la légitimité de M. Tidjane Thiam à convoquer cette session du Bureau Politique. Selon elle, l’actuel président du parti – dont elle conteste l’élection – et l’équipe qui l’entoure « baignent tous dans l’illégalité », faute de reconnaissance juridique claire quant à sa double nationalité au moment du congrès.

« Ayant saisi le tribunal pour l’annulation de son élection […], M. Thiam ne peut convoquer un Bureau Politique auquel je prendrai part », insiste-t-elle, ajoutant que seule une décision judiciaire défavorable à sa requête pourrait la convaincre du contraire.

Une contestation persistante malgré la levée d’ambiguïtés sur la nationalité

Le 20 mars dernier, Tidjane Thiam annonçait officiellement avoir renoncé à sa nationalité française, semblant ainsi lever l’un des principaux arguments utilisés contre lui depuis son élection à la tête du parti. Pour Mme Yapo, cette annonce est au contraire un aveu tardif qui conforte ses soupçons. « Voilà qu’enfin le Bureau Politique peut se tenir maintenant qu’il a obtenu sa libération de son allégeance à la France », ironise-t-elle.

Ce revirement de dernière minute soulève une interrogation : comment M. Thiam a-t-il pu être élu au Congrès sans que la question de la nationalité soit tranchée en amont ? La justice, espère Mme Yapo, éclairera bientôt ce point crucial.

Un parti fracturé à six mois de la présidentielle

Ce nouveau rebondissement intervient à un moment critique pour le PDCI-RDA, engagé dans les préparatifs de l’élection présidentielle d’octobre 2025. Si les appels à l’unité sont légion au sein des cadres du parti, la crise de leadership latente compromet la cohésion indispensable pour affronter une élection nationale.

En se tenant volontairement « loin de la Fondation Félix Houphouët-Boigny », Mme Yapo affirme ne pas faire injure à ses camarades, mais préfère rester fidèle à ses principes en attendant la décision judiciaire. Elle se dit pourtant « focus » sur les objectifs électoraux du parti, dont elle continue de croire en la capacité de « renverser les tendances ».

Un appel à la conscience des militants

Loin d’une rupture définitive, sa déclaration se veut aussi un message spirituel et militant. Elle invoque la justice divine et humaine, et appelle les militants à ouvrir les yeux sur les « desseins égocentriques » de certains dirigeants. « Que Dieu ajuste les cœurs de ceux qui veulent s’en servir pour accomplir leur dessein, et qu’Il ouvre grand les yeux des militants », conclut-elle.

Une affaire à suivre…

Alors que le Bureau Politique s’ouvre ce samedi à Yamoussoukro, dans une ambiance de défiance et d’incertitude juridique, l’issue de la procédure judiciaire enclenchée par Mme Yapo pourrait avoir un effet de souffle dans le paysage politique ivoirien. En jeu : la légitimité d’un leadership contesté, la crédibilité du PDCI-RDA comme opposition forte, et la clarté des règles internes dans un parti en quête de renouveau.

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