- Ecrit par : Clara BOSOM
- 05/04/2025 18:57
POLITIQUE/ALPHA BLONDY – GBAGBO : LE PPACI DÉMENT ET MET EN GARDE CONTRE UNE RÉÉCRITURE POLITIQUE DE L’HISTOIRE
Par Kamel Wally
Abidjan, 5 avril 2025 – Le Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPACI) a réagi avec fermeté aux propos tenus par l’artiste Alpha Blondy sur les antennes de RFI. Ce dernier a affirmé que le Président Alassane Ouattara aurait œuvré au retour en Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo, acquitté par la Cour pénale internationale. Pour le PPACI, cette déclaration relève d’une tentative manifeste de réécriture de l’histoire, à des fins politiques.
Dans un communiqué incisif signé par Me Habiba Touré, porte-parole du Président Laurent Gbagbo, le PPACI rappelle des faits précis et documentés :
• Refus d’entrée sur le territoire lorsque le Président Gbagbo a perdu sa mère ;
• Participation active de l’État ivoirien à son maintien en détention à La Haye en envoyant des avocats pour s’opposer à sa libération ;
• Condamnation à 20 ans de prison dans l’affaire de la BCEAO, une procédure qualifiée d’irrégulière, destinée à l’écarter de la vie politique ;
• Violation d’une décision de la Cour Africaine des Droits de l’Homme qui avait demandé la levée de cet obstacle juridique ;
• Enfin, obligation pour Gbagbo de solliciter un passeport comme citoyen ordinaire, en 2021.
Une récupération politique en période électorale ?
Cette sortie médiatique d’Alpha Blondy n’est pas anodine. À quelques mois de l’élection présidentielle de 2025, où Laurent Gbagbo est déclaré candidat, toute tentative d’attribuer à Alassane Ouattara le mérite de son retour peut être interprétée comme une stratégie de neutralisation politique.
Dans un contexte où la présidentielle s’annonce tendue, les symboles comptent. En affirmant que Gbagbo doit son retour à Ouattara, on tente de minimiser l’ampleur du combat judiciaire et politique mené par ses partisans, tout en délégitimant la revendication d’une opposition forte face au RHDP.
Une réécriture dangereuse pour la mémoire collective
Le PPACI met en garde : la vérité historique est essentielle pour construire une paix durable. Les faits sont clairs : le retour de Gbagbo est le fruit d’un combat juridique et populaire, pas d’un geste de clémence présidentielle. Vouloir réécrire cette histoire, c’est effacer la lutte d’un pan entier de la population.
Un appel à la vérité et à la démocratie
Pour conclure, Me Habiba Touré insiste : « La Côte d’Ivoire ne peut avancer en paix et en dignité que dans la vérité. Toute réécriture de l’histoire est vaine. »
En pleine campagne présidentielle, ce communiqué sonne comme un rappel au devoir de mémoire, mais aussi comme un signal envoyé au pouvoir en place : les obstacles juridiques dressés contre Gbagbo ne passeront pas inaperçus dans une opinion publique de plus en plus politisée.